Comment utiliser au mieux le concordancier AntConc ?

[juillet 2019]
Yacoub GHERISSI, enseignant-chercheur émérite de l’université de Carthage spécialiste de l’exploitation des corpus textuels en linguistique française (voir notre Cahier du CRISCO 34, 2014) vient de réaliser un didacticiel / tutoriel du concordancier AntConc (élaboré par le linguiste britannique Laurence Anthony ⇒ 
 https://www.01net.com/telecharger/windows/Loisirs/education_et_scolarite/fiches/144471.html
Ce tutoriel très complet est destiné notamment aux étudiant(e)s préparant un mémoire de linguistique française destiné à tirer parti d’analyses de corpus textuels. L’auteur tient une collection de fichiers complémentaires en format .txt à la disposition des intéressé(e)s. Il peut être contacté par l’intermédiaire de la fiche de contact   ⇒
Gherissi Y. 2019 Tutoriel AntConc
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Qu’est-ce qu’une CONSTRUCTION ?

Dans les grammaires du français, la notion de « construction » figure depuis des siècles, à l’origine à propos de l’ordre des groupes syntaxiques dans différents modes de phrase (p.ex. la construction « inverse » dans la phrase interrogative). Depuis une trentaine d’années, des linguistes, essentiellement des USA et d’Allemagne, ont développé une théorie des structures grammaticales fondée sur une nouvelle lecture des « constructions », conçues désormais comme un appariement {contenu, expression} le long d’une échelle hiérarchique, du mot à la phrase. Ces « grammaires de constructions » concurrencent désormais les grammaires formelles centrées sur la syntaxe. Leila BEN HAMAD, maître-assistante à l’université de Sousse en Tunisie, est l’une des meilleures spécialistes de ces grammaires et dans le texte ci-dessous elle entreprend la tâche délicate de présenter leurs points communs et leurs divergences. En France cette théorie sémantico-syntaxique (ou par fusion : « sémantaxique ») est accueillie encore timidement, mais le n° 194 de la revue Langue française (D. Legallois & A. Patard, dir. Les constructions comme unités de la langue : illustrations, évaluation, critique, 2017) devrait aider à clarifier les ambiguïtés terminologiques.
L. Ben Hamad Qu’est-ce qu’une construction 17.5.2019
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Maxi KRAUSE, Professeure émérite de linguistique allemande à l’université de Caen, nous invite à réfléchir sur la question :

Que faire quand le doute (linguistique) vous prend ?

La solution la plus simple, c’est d’aller voir si le sens de la langue que tout un chacun possède, linguiste ou non, nous est en toute situation un guide fiable ou s’il risque de nous jouer des tours.
Pour le français, il y a la base de données FRANTEXT et le Trésor de la langue Française informatisé, gérés tous les deux par l’ATILF à l’université de Nancy qui permettent de vérifier par quelques clics, si telle forme ou telle expression s’emploie dans un contexte donné ou s’il y a éventuellement des restrictions inattendues.
Le Cahier du CRISCO n°29 accessible ICI détaille les démarches possibles pour tirer le meilleur profit de la base FRANTEXT pour des recherches ciblées.
L’article de Maxi Krause ‒ en langue allemande pour être également accessible aux lecteurs non francophones ‒ s’adresse particulièrement aux germanistes et passe en revue la fiabilité (très différente) de deux portails spécialisés, le Digitales Wörterbuch der deutschen Sprache (géré par l’académie des sciences de Berlin et du Brandebourg) et le Deutscher Wortschatz–Portal (proposé par l’université de Leipzig).
De telles adresses peuvent être de précieux outils en cas de doutes linguistiques…. non seulement pour l’enseignant ou le chercheur, mais aussi pour l’étudiant ou toute autre personne intéressée par les questions linguistiques. Mais mieux vaut aussi connaître leur limites…
Cliquer ICI pour consulter l’article.
(A ce sujet : lire aussi de Maxi Krause Wie zuverlässig sind Internetquellen? in: D. Kaczmarek / J. Makowski / M. Michoń, Z. Weigt (éd.): Felder  der Sprache. Felder der Forschung. Lodzer Germanistikbeiträge. Łódź: Primum Verbum, 2011, 324-333.)
 
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Françoise DAVIET-TAYLOR, Professeure de linguistique allemande à l’université d’Angers nous donne accès à son article de 2003, L’oeuvre oubliée d’Anton Marty, en rapport avec l’introduction de ce philosophe du langage dans l’Académie virtuelle des linguistiques du 19° et du 20° siècle (version 3, 1er mars 2014).

L’oeuvre oubliée d’Anton Marty

Françoise Daviet-Taylor a également traduit un article d’Elisabeth Leiss, Professeure de linguistique allemande à l’université de Munich, paru en 1998 dans la revue Sprachwissenschaft, en hommage à Jean-Marie Zemb (voir sa notice dans l’Académie virtuelle des Linguistes du 19° et du 20° siècle) pour ses 70 ans. Voici cette traduction restée inédite

Une linguistique de type aristotélicien : Jean-Marie Zemb et le renouveau d’une grammaire philosophique